Voir la semaine difficile avant qu’elle arrive
Votre compte bancaire est positif aujourd’hui. Cela ne garantit pas que tous les paiements du mois prochain passeront sans difficulté. Un plan de trésorerie rapproche les sommes qui vont réellement entrer et sortir, avec leurs dates. Son intérêt est de rendre visibles les décalages assez tôt pour examiner des solutions.
Une possibilité est de prévoir les entrées et sorties d’argent semaine par semaine sur treize semaines, puis de compléter au besoin mois par mois. Ce choix est une méthode de gestion, pas une obligation. Si vos mouvements sont peu nombreux et réguliers, un suivi mensuel peut suffire. Si une journée concentre de gros paiements, le détail doit être plus fin.
Une formule simple, des informations à vérifier
Le calcul est toujours le même : solde au départ + encaissements − décaissements = solde à la fin. Le solde final d’une période devient le solde initial de la suivante. Un encaissement est une entrée réelle en banque ; un décaissement est une sortie réelle.
Partez de l’argent en banque en tenant compte des paiements déjà décidés : un chèque émis ou un prélèvement annoncé ne doit pas disparaître parce qu’il n’est pas encore visible. Faites apparaître séparément une autorisation de crédit effectivement disponible et ses conditions. Un financement demandé ne doit pas être traité comme un financement obtenu.
Trois semaines pour comprendre le mécanisme
Dans cet exemple, l’entreprise commence avec 22 000 €. La première semaine, elle encaisse 18 000 € et paie 25 000 € : il reste 15 000 €. La deuxième, elle encaisse 12 000 € et paie 20 000 € : le solde descend à 7 000 €. La troisième, elle reçoit 30 000 € et paie 16 000 € : elle termine à 21 000 €.
Tous ces montants représentent des mouvements bancaires, taxes incluses lorsqu’elles s’appliquent. Si les 12 000 € attendus en deuxième semaine sont reportés à la quatrième, le solde de la deuxième semaine devient −5 000 €. Le retour prévu à une situation plus confortable ne supprime pas ce passage intermédiaire.
Voilà pourquoi un total trimestriel peut être rassurant tout en cachant un problème. Il faut examiner le montant le plus bas sur le compte et la date à laquelle il apparaît, puis vérifier les sommes ou crédits réellement disponibles à cette date.
Ne pas recopier le résultat comptable
Les paiements des factures clients et fournisseurs soumis à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) entrent dans le tableau toutes taxes comprises (TTC). Les rémunérations, cotisations, impôts, loyers et échéances de prêts suivent leurs montants bancaires propres. Pour la paie, évitez d’additionner le coût total des salariés pour l’entreprise puis une seconde fois ses versements détaillés.
L’amortissement d’une machine est la répartition comptable de son coût dans le temps ; il ne provoque pas un nouveau paiement chaque mois. En revanche, l’achat de la machine fait sortir de l’argent selon les dates de paiement convenues. Le remboursement de la somme empruntée sort également de la banque, même s’il ne constitue pas une charge du compte de résultat.
La TVA à verser ou à récupérer possède son calendrier. Faites confirmer le traitement applicable et les échéances par la personne qui tient votre comptabilité. Une somme que l’administration fiscale doit vous rembourser n’est pas une somme déjà encaissée.
Rendre l’incertitude visible
Ajoutez une indication simple aux grandes lignes : confirmé, probable ou à vérifier. Une commande signée, une facture acceptée et un devis en discussion n’offrent pas la même certitude de paiement. Conservez la prévision qui vous paraît la plus probable et testez le principal risque, par exemple un règlement important reçu deux semaines plus tard.
Vous pouvez démarrer avec les quatre prochaines semaines et vos échéances connues. Chaque semaine, remplacez les montants prévus par les montants réellement payés ou reçus, expliquez l’écart majeur et mettez à jour la suite. Le tableau devient utile lorsque vous fixez un montant d’alerte et une action à engager si le compte s’en approche, avec une personne responsable et une date.
Sources et repères
Références consultées le 14 octobre 2026. Les règles applicables dépendent notamment de votre activité, de votre effectif et de votre situation.

