Un prélèvement rejeté, des fournisseurs qui réclament un paiement avant livraison, une paie qui dépend d’un encaissement incertain : certains signaux exigent une réaction rapide. Il n’est pas nécessaire d’attendre le bilan annuel pour demander de l’aide. Plus vous intervenez tôt, plus vous pouvez généralement discuter de solutions avant que les choix se réduisent.
Rendre la difficulté visible immédiatement
Commencez par les faits : argent réellement disponible, autorisations de crédit utilisables, dettes arrivées à échéance et encaissements attendus avec leur niveau de certitude. Un contrat en négociation n’a pas la même valeur qu’un paiement confirmé. Une facture client importante encore impayée ne constitue pas automatiquement de l’argent mobilisable aujourd’hui.
Dressez ensuite un calendrier court, semaine par semaine, en séparant le certain de l’incertain. Les salaires, les impôts et cotisations à payer, les fournisseurs indispensables et les remboursements doivent être visibles. L’objectif n’est pas de choisir seul quelles personnes ou entreprises payer en priorité, mais de donner à vos conseils une image fiable de la situation et de ses dates.
Une tension n’est pas automatiquement une cessation des paiements
La cessation des paiements signifie que l’argent immédiatement disponible ne permet plus de payer les dettes qui doivent être réglées. Les termes juridiques sont « actif disponible » pour les moyens utilisables et « passif exigible » pour ces dettes. Il faut aussi prendre en compte les délais réellement accordés par les personnes à payer et les crédits encore utilisables.
Posséder un bâtiment ou du matériel ne suffit donc pas à conclure que l’entreprise peut payer. Dans un exemple pédagogique, 8 000 € disponibles et 5 000 € de crédit confirmé représentent 13 000 € mobilisables face à 20 000 € de dettes à régler immédiatement. Il manque 7 000 €, sous réserve de l’analyse complète. Une machine estimée à 40 000 € ne comble pas automatiquement cet écart immédiat.
Ne pas transformer les 45 jours en délai d’attente
Lorsqu’une cessation des paiements est établie, le dirigeant doit en principe demander l’ouverture de la procédure adaptée dans les 45 jours, sauf demande de conciliation dans ce délai et dans les conditions légales. La conciliation est une procédure destinée à rechercher un accord avec les principaux créanciers. Ce délai court à partir de la cessation des paiements. Il ne constitue pas une période pendant laquelle il serait prudent d’attendre une amélioration hypothétique.
Faites apprécier la situation sans tarder avec votre expert-comptable et un professionnel du droit des entreprises en difficulté. Le tribunal compétent dépend de la situation et du territoire. La confirmation de cette situation, sa date de début et le choix de la procédure ne se déduisent pas d’un simple modèle de trésorerie. Les paiements ou engagements inhabituels pris dans cette période peuvent aussi soulever des difficultés juridiques.
Contacter la bonne personne pour le bon problème
Votre expert-comptable aide à vérifier les chiffres et à construire des prévisions réalistes. Votre banque doit recevoir une demande explicite, chiffrée et datée. En cas de difficulté de financement bancaire ou d’assurance-crédit, la Médiation du crédit de la Banque de France peut examiner une demande qui entre dans ses missions ; son intervention ne garantit pas l’obtention d’un financement.
Pour les impôts et cotisations à payer, contactez les organismes concernés et faites examiner les possibilités de délais et de traitement commun des demandes. Pour les procédures de prévention ou de traitement, rapprochez-vous rapidement des professionnels compétents et du tribunal. Une difficulté de relation commerciale ou un litige sur facture peut nécessiter, en parallèle, un traitement spécifique : ce n’est pas toujours un simple problème bancaire.
Préparer un dossier court et honnête
Rassemblez les derniers comptes, la trésorerie actualisée, les dettes et échéances, les sommes dues par les clients, les financements disponibles et les actions déjà engagées. Expliquez ce qui a provoqué la difficulté et ce qui permettrait réellement de la réduire. Distinguez une mesure obtenue d’une demande encore en discussion.
Vous pouvez désigner une personne pour actualiser les chiffres et conserver la trace des accords. Évitez les promesses de paiement impossibles à tenir et les décisions précipitées de transfert de biens ou d’argent ou de remboursement d’associés sans conseil adapté. L’urgence est de présenter clairement la situation aux personnes qui peuvent vous aider et de déclencher le bon accompagnement ; elle n’impose pas de trouver seul, dans la journée, toutes les réponses.
Sources et repères
Références consultées le 14 octobre 2026. Les règles applicables dépendent notamment de votre activité, de votre effectif et de votre situation.

