Le message ressemble à ceux de votre fournisseur habituel. Il reprend son logo, cite une facture réelle et annonce un nouveau compte bancaire. Tout paraît cohérent, sauf cette demande de paiement rapide. Une fraude efficace ne ressemble pas toujours à un courriel maladroit. Elle peut s’insérer dans une relation existante et utiliser des informations exactes.
Comprendre le mécanisme de la fraude
Dans une fraude au faux RIB, c’est-à-dire aux fausses coordonnées bancaires, l’escroc cherche à vous faire verser l’argent sur son compte en se faisant passer pour une personne ou une entreprise à qui vous devez de l’argent. Une messagerie peut avoir été piratée, ou une adresse très proche de l’originale utilisée. La fraude au faux dirigeant s’appuie plutôt sur l’autorité supposée d’une personne et sur l’urgence ou la confidentialité de la demande.
Le point commun est le détournement du circuit normal. On vous demande de changer un bénéficiaire, de passer outre une validation ou de ne pas consulter un collègue. Le sujet n’est donc pas seulement de repérer une faute d’orthographe : il faut savoir quelles demandes exigent une vérification par un autre moyen que le message reçu.
Faire un contrôle qui ne dépend pas du message reçu
Pour un changement de coordonnées bancaires, contactez l’interlocuteur habituel par un numéro déjà connu ou obtenu dans une source fiable distincte. N’utilisez pas automatiquement le numéro ajouté dans le courriel suspect. Répondre au même message peut simplement vous remettre en relation avec l’escroc.
Faites confirmer la demande et les coordonnées selon une procédure convenue. Conservez la trace de la vérification et de la personne qui l’a réalisée. Un échange téléphonique improvisé n’est pas infaillible, mais un rappel sur un numéro connu, selon une méthode prévue, réduit le risque par rapport à une validation fondée sur le seul message entrant.
Séparer la modification et le paiement
Dans une petite équipe, une même personne peut recevoir les factures, modifier les bénéficiaires et préparer les virements. Cette répartition facilite le travail, mais supprime des occasions de détecter une anomalie. Pour les changements de RIB et les paiements inhabituels, prévoyez une seconde vérification ou une validation adaptée.
Un exemple pédagogique : une facture attendue de 18 400 € arrive avec un nouveau RIB. L’assistante repère le changement et appelle le fournisseur sur son numéro enregistré. Celui-ci confirme n’avoir rien modifié. Le paiement est suspendu et les interlocuteurs sont alertés. La protection vient ici d’une demande précise à vérifier — le nouveau RIB — et non d’un jugement sur la qualité du courriel.
Vérifier aussi la réalité de la dépense
Une facture peut être frauduleuse sans changement de coordonnées apparent. Comparez-la à une commande, à une livraison ou à une prestation connue. Vérifiez les factures déjà reçues et les références inhabituelles. Le dirigeant peut fixer les montants à partir desquels une autorisation est nécessaire, mais un petit montant ne doit pas dispenser de vérifier l’existence de la dépense.
Prévoyez les situations d’absence. Si seule une personne sait contrôler les bénéficiaires, l’urgence peut pousser l’équipe à contourner la règle pendant ses congés. Un accès propre à chaque personne, une vérification d’identité supplémentaire à la connexion et la protection des messageries complètent ce fonctionnement ; ils ne remplacent pas la vérification du paiement.
Réagir vite si le virement est parti
Contactez immédiatement votre banque pour tenter de bloquer l’opération ou demander un retour des fonds. La récupération n’est pas garantie. Alertez la personne ou l’entreprise dont l’identité a été utilisée, conservez les preuves et déposez plainte. Si une messagerie est piratée, faites sécuriser les accès avec l’aide appropriée et vérifiez les autres opérations potentiellement concernées.
Évitez de supprimer les messages dans la précipitation ou de limiter le traitement au seul paiement. Il faut comprendre comment la demande est passée et corriger le point faible. Enfin, dites clairement à l’équipe qu’elle peut interrompre une opération suspecte, même demandée en urgence par le dirigeant. Une vérification assumée doit rester possible sans crainte de reproche.
Sources et repères
Références consultées le 14 octobre 2026. Les règles applicables dépendent notamment de votre activité, de votre effectif et de votre situation.

