Le document unique existe dans un dossier, mais personne ne sait vraiment quand il a été revu. Depuis sa rédaction, vous avez changé une machine, réorganisé les horaires et accueilli de nouveaux salariés. Le fichier est toujours présent ; l’évaluation qu’il contient ne décrit peut-être plus le travail actuel.
À quoi sert le document unique ?
Le document unique d’évaluation des risques professionnels, ou DUERP, conserve les résultats de l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité. Il est obligatoire dès le premier salarié. Son intérêt est de rendre visibles les situations dangereuses, de hiérarchiser les besoins de prévention et de suivre les actions décidées.
Le danger désigne ce qui peut provoquer un dommage : un produit, un équipement, une situation de travail. Le risque dépend notamment de l’exposition et des conséquences possibles. Un produit dangereux conservé dans un contenant adapté et un même produit manipulé sans protection ne correspondent pas à la même situation d’exposition.
Partir du travail réel
Une liste générique de risques ne suffit pas. Observez les activités, les déplacements, les manipulations de charges, les outils et les contraintes de temps. Regardez aussi les situations moins fréquentes : nettoyage, maintenance, remplacement, urgence ou travail isolé. C’est parfois là que les protections habituelles deviennent insuffisantes.
Les salariés connaissent des difficultés qui ne sont pas visibles depuis un bureau. Associez-les à l’observation, ainsi que les représentants du personnel et les acteurs de prévention selon leur rôle. L’employeur reste responsable de la démarche ; l’aide du service de prévention et de santé au travail peut aider à la structurer.
Un exemple
Dans une entreprise de commerce de gros, le DUERP mentionne « manutention : porter des chaussures de sécurité ». En observant les réceptions, l’équipe constate que des cartons lourds sont déposés au sol puis déplacés plusieurs fois. Les salariés se penchent, portent et recommencent parce que la zone de rangement n’est pas prête.
La réponse ne consiste donc pas seulement à rappeler une consigne. L’entreprise examine le conditionnement, l’emplacement, l’aide à la manutention et l’organisation de la réception. Elle choisit des mesures pour réduire l’exposition au danger dès son origine, puis vérifie leur utilisation. Les équipements individuels peuvent compléter la prévention ; ils ne remplacent pas systématiquement l’amélioration de la situation.
Choisir des actions et suivre leur réalisation
Un système de notes peut aider à comparer les risques, à condition que ses critères soient compris. Ne laissez pas une multiplication de notes masquer une situation manifestement urgente. L’évaluation sert à décider, pas à démontrer artificiellement que tout est maîtrisé.
Pour une entreprise de moins de cinquante salariés, les résultats doivent déboucher sur une liste d’actions de prévention et de protection écrite dans le DUERP et ses mises à jour. Donnez à chaque action un responsable, une échéance et un moyen de vérifier son effet. « Sensibiliser » est rarement assez précis pour savoir ce qui a effectivement changé.
Mettre à jour au bon moment
Au 14 octobre 2026, la mise à jour annuelle concerne les entreprises d’au moins onze salariés. Quelle que soit la taille, une actualisation est également nécessaire lors d’un aménagement important modifiant les conditions de travail ou lorsqu’une information nouvelle intéressant l’évaluation d’un risque apparaît. Une entreprise de dix salariés n’est donc pas dispensée de tenir son évaluation à jour.
Les versions en vigueur au 31 mars 2022 ou établies ensuite doivent être conservées pendant quarante ans à compter de leur création. Datez chaque version et prévoyez qui peut la consulter ; ne remplacez pas simplement l’ancien fichier par le nouveau. Le comité social et économique (CSE), qui représente les salariés, lorsqu’il existe, doit être consulté sur les mises à jour. Chaque version actualisée est transmise au service de prévention et de santé au travail ; les conditions pour consulter le document doivent être accessibles aux salariés.
Commencer sans attendre un dossier parfait
L’INRS, l’organisme de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, propose des outils adaptés aux petites entreprises et à différents métiers. Ils aident à structurer le travail, mais ne dispensent pas d’observer votre situation. Les risques physiques, chimiques, routiers ou psychosociaux doivent être examinés selon les activités réellement exercées.
Pour une activité récente ou modifiée, demandez : qui est exposé, à quoi et avec quelle protection ? Traitez immédiatement les urgences. Un document utile conduit à des décisions de prévention dont vous vérifiez les effets.
Sources et repères
Références consultées le 14 octobre 2026. Les règles applicables dépendent notamment de votre activité, de votre effectif et de votre situation.

