Un salarié tombe dans l’escalier, se blesse avec un outil ou fait un malaise sur son lieu de travail. Les questions arrivent vite : faut-il appeler les secours, arrêter l’activité, remplir un formulaire ? L’ordre compte. Vous protégez d’abord les personnes. Vous effectuez ensuite les démarches nécessaires, puis vous recherchez les causes pour éviter une répétition.
Protéger les personnes et faire intervenir les secours
Faites cesser l’exposition au danger sans vous mettre vous-même en risque. Mobilisez les personnes formées aux premiers secours dans l’entreprise et appelez les secours adaptés si la situation le nécessite, notamment le 15 ou le 112. Suivez leurs consignes. Une appréciation improvisée de la gravité ne remplace pas une évaluation médicale.
Préservez les lieux et les éléments utiles à la compréhension, sauf ce qu’il faut modifier pour secourir ou prévenir un autre accident. Relevez rapidement l’heure, le lieu, l’activité réalisée et les témoins présents. Évitez les photos diffusées dans les groupes de messagerie et les commentaires sur la santé de la personne. Les informations recueillies doivent rester utiles et accessibles aux seuls interlocuteurs concernés.
Déclarer sans attendre d’avoir toutes les réponses
Pour les salariés relevant de l’assurance maladie du régime général, le salarié informe normalement l’employeur dans la journée ou dans les vingt-quatre heures, sauf impossibilité ou motif légitime. L’employeur déclare l’accident à la caisse primaire d’assurance maladie dans les quarante-huit heures suivant sa connaissance, hors dimanches et jours fériés. La caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) examine le caractère professionnel ; l’employeur ne tranche pas cette reconnaissance.
Remettez immédiatement la feuille d’accident du travail au salarié. Elle permet la prise en charge des soins concernés selon les règles applicables. En cas d’arrêt, effectuez également les formalités permettant le calcul des indemnités. Vérifiez les étapes de la déclaration avec la personne chargée de la paie : envoyer un message au cabinet comptable ne prouve pas que la déclaration a été transmise.
Des réserves sont possibles si elles sont motivées par des faits précis relatifs aux circonstances de l’accident. Le délai prévu est de dix jours francs à compter de la déclaration effectuée par l’employeur. Ne transformez pas une incertitude en accusation, et ne retardez pas la déclaration pour enquêter. Un accident mortel appelle en outre des démarches particulières immédiates auprès de l’inspection du travail.
Un exemple : une coupure jugée légère
Dans un atelier, un salarié se coupe en ouvrant un emballage. Il pense pouvoir terminer sa journée, puis consulte en raison d’une douleur persistante. Le responsable avait simplement demandé à un collègue de noter l’incident sur un carnet.
La difficulté ne tient pas seulement à la blessure. Personne n’a identifié qui déclare, qui remet la feuille et qui vérifie la bonne transmission. L’entreprise doit accomplir les démarches applicables dès qu’elle connaît l’accident, sans conditionner la déclaration à un arrêt de travail. Un registre informel ne remplace pas la déclaration ; le registre réglementaire des accidents bénins relève de conditions précises.
Comprendre les causes sans chercher un coupable immédiat
Une fois l’urgence traitée, reconstituez ce qui s’est passé avec les personnes compétentes et le comité social et économique (CSE), qui représente les salariés, lorsqu’il existe. Distinguez les faits des suppositions. L’outil était-il adapté ? Le produit arrivait-il dans un emballage inhabituel ? Le salarié connaissait-il la méthode ? La zone était-elle accessible ? Plusieurs facteurs peuvent se combiner.
Dire « il a fait un mauvais geste » ferme trop tôt l’analyse. Demandez plutôt ce qui a rendu ce geste possible ou probable. Retenez des actions concrètes, vérifiez leur réalisation et mettez à jour l’évaluation des risques lorsque l’accident apporte une information nouvelle. La reprise éventuelle du salarié demande aussi une préparation adaptée à sa situation.
Préparer les démarches avant le prochain incident
Vous pouvez vérifier dès maintenant trois éléments : les consignes de secours sont-elles accessibles, une personne identifiée sait-elle effectuer la déclaration, et un relais existe-t-il pendant son absence ? Gardez un moyen de retrouver la preuve de transmission. Ce petit contrôle administratif ne prévient pas tous les accidents ; il évite qu’une situation déjà difficile se double d’un retard de prise en charge.
Sources et repères
Références consultées le 14 octobre 2026. Les règles applicables dépendent notamment de votre activité, de votre effectif et de votre situation.

