Vous voyez qu’une situation de travail doit évoluer, mais vous ne savez pas qui appeler. Le médecin du travail ? Votre cabinet comptable ? Un préventeur ? Dans une petite entreprise, cette hésitation peut faire durer le problème. Les acteurs n’ont pas les mêmes missions. Identifier le bon interlocuteur permet surtout de lui poser une question qu’il peut réellement traiter.
Le service de santé au travail intervient au-delà des visites
Le service de prévention et de santé au travail, ou SPST, accompagne la prévention des risques, le suivi de la santé des travailleurs et le maintien dans l’emploi. Selon son organisation, il mobilise des médecins du travail, des infirmiers et d’autres professionnels de prévention. Vous pouvez le contacter pour comprendre un risque auquel les salariés sont exposés, examiner un poste ou anticiper une difficulté de maintien au travail.
Le médecin du travail conseille sur la compatibilité entre la santé et le travail. Il peut proposer des adaptations et des aménagements. Il ne vous communique pas le diagnostic médical du salarié. Votre rôle consiste à transmettre les caractéristiques du poste et à traiter les recommandations qui vous concernent, pas à demander le dossier de santé pour décider vous-même de ce que la personne peut faire.
Les autres organismes répondent à des besoins différents
Les services de prévention des caisses compétentes, notamment les Carsat et la Cramif en Île-de-France, peuvent apporter une aide sur les risques professionnels. L’INRS, l’organisme de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, propose des ressources, des outils et des formations. Dans le bâtiment, l’OPPBTP, l’organisme de prévention du bâtiment et des travaux publics, peut également vous aider. Leur intervention ne transfère pas la responsabilité de l’employeur : elle vous aide à prendre de meilleures décisions.
Le réseau Anact-Aract travaille sur les conditions de travail et les transformations de l’organisation. Cap emploi peut accompagner le maintien dans l’emploi d’une personne en situation de handicap. L’Agefiph propose des services et certaines aides, selon leurs conditions. Le besoin réel détermine le recours ; il ne s’agit pas d’appeler tous les organismes en même temps.
L’inspection du travail renseigne et contrôle l’application du droit du travail. Elle ne remplace ni le professionnel de santé ni votre conseiller en droit du travail. Votre expert-comptable peut aider sur les déclarations, les coûts ou l’organisation administrative, mais ne devient pas, du seul fait de cette mission, spécialiste de chaque risque technique ou médical.
Un exemple : des douleurs au conditionnement
Dans une entreprise de vingt-deux personnes, plusieurs salariés disent avoir mal aux épaules après le conditionnement. Le dirigeant envisage l’achat de nouveaux sièges. Il transmet au SPST les tâches réalisées, les dimensions des postes, les volumes et les moments où la cadence augmente. Il demande une aide à l’analyse, sans communiquer de diagnostics individuels.
L’examen peut porter sur la hauteur du plan de travail, la distance entre la personne et les objets à saisir, les emballages et la répartition des tâches. Un siège n’est peut-être qu’une partie de la réponse. L’équipe de prévention aide à choisir les pistes à examiner ; l’entreprise organise ensuite leur étude, leur financement et le suivi avec les salariés concernés.
Préparer une demande qui facilite l’intervention
Présentez brièvement l’activité, l’effectif concerné, la situation observée et ce qui a déjà été tenté. Ajoutez les contraintes connues : horaires, locaux, matériel, délai souhaité. Formulez une question précise, par exemple : « Nous devons réduire les déplacements et manipulations de charges lors de la livraison ; pouvez-vous nous aider à examiner les solutions ? »
Évitez d’envoyer une conclusion toute faite, comme « nous avons besoin d’une formation aux bons gestes », si le problème n’a pas été analysé. Préparez l’accès aux lieux et la disponibilité des personnes. Après l’échange, clarifiez qui fait quoi, avec quel retour et à quelle date. Une visite sans suite concrète risque de décevoir ceux qui ont signalé la difficulté.
Le contact utile à retrouver aujourd’hui
Vous pouvez commencer par retrouver les coordonnées de votre SPST et le nom de l’interlocuteur de prévention compétent pour votre activité. Vérifiez que votre relais interne y a également accès. Si une personne est en danger ou présente un problème de santé urgent, mobilisez d’abord les secours adaptés ; une demande de conseil en prévention ne doit jamais retarder la protection immédiate.
Sources et repères
Références consultées le 14 octobre 2026. Les règles applicables dépendent notamment de votre activité, de votre effectif et de votre situation.

